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    2016.

     

    Une fois de plus, le fantôme de Cursed Castle a frappé. En effet, le corps d'un jeune homme, appelé Ezra, a été trouvé au pied de ce château hanté. Comme tous les autres garçons, avant lui, il est « tombé » du sommet du château. Ce qui est improbable, puisque personne ne s'y aventure. Certains disent qu'un fantôme y rode, et d'autres pensent plutôt aux suicides.

     

    Moi, j'étais neutre. Jusqu'au jour, un de mes amis m'a mis au défi de faire une visite à ce fameux Cursed Castle. Comme tous les garçons, j'avais voulu prouver mon courage et ma bravoure à mes amis. Et j'ai accepté le défi, avec farouche.

     

    Lorsque je suis arrivé devant le château, qui se trouve dans le Nevada aux États-Unis, j'avoue avoir eu peur. L'immense Cursed Castle aux couleurs sombres se dressait devant moi tel un monstre prêt à m'attaquer. Un petit chemin, parsemé de roses rouges, pouvait nous y mener. Autour il n'y avait que des arbres et des arbres. Ils semblaient tellement menaçants avec leurs branches qui s'envolaient partout au moindre vent. Tremblant malgré moi, j'avançais lentement quand il commença à pleuvoir. Il n'y avait pas d'autre abri, et j'étais obligé de me réfugier dans le château.

     

    À l'intérieur, tout était recouvert avec des draps blancs poussiéreux. On pouvait voir des toiles d'araignées ici et là. Surplombant le tout, un énorme lustre produisait une faible lumière. Des pétales de roses rouges étaient éparpillés au sol, formant une sorte de chemin à suivre. Curieux, je les suivis. Je dus monter les escaliers, avant d'arriver dans un couloir plongé dans la pénombre. Il y avait d’innombrables chambres identiques, dans les deux rangées, celle de la gauche et celle de la droite. Une porte était entrouverte. Soudain, j'entendis un chant tellement mélodique et apaisant que j'oubliais toute ma peur et mon angoisse. Comme si on allait me sauver, comme si tout cela n'était qu'un rêve. Je souris béatement. Je me précipitais, rapidement, vers la porte restée ouverte. Elle menait quelque part où il y aurait ma sauveuse. Ma bien-aimée. C'était une sorte de pente en hauteur. Je courais. Au bout de quelques minutes, je la vis, enfin. Les cheveux bruns flottants, les yeux verts pleins d'amour et le teint presque transparent, elle était parfaite. C'était ma destinée, mon amour. Elle n'avait pas de pieds, et semblait « flotter ». Mais, je pouvais bien fermer les yeux à ces détails. Après tout, l'amour est aveugle ! Elle me dit de m'approcher. Jusqu'à ce que je sois tout au bord du sommet du Cursed Castle. Je m'en fichais.

     

    Tout à coup, ses yeux se transformèrent. Rouges, remplis de haine. L'orage éclata, dans le ciel. Je retrouvais mes pensées, mais trop tard.

     

    Aaron K.

     

    1816.

     

    Je l'aimais, Nael. Il était beau, à mourir. Plus pauvre que moi, je l'aimais quand même, de tout mon cœur. Mais, il m'a trahi. Trahi avec cette peste qu'est Sakira. Il me fréquentait juste parce que j'étais la fille du riche Hunter. Il voulait ma propriété, tout mon argent. Sakira a clamé son ignorance de tous les plans à Nael. Mais, il l'avait aimé. Elle ne pouvait plus vivre. Donc, je les ai tué. Sakira, étranglée à mort et Nael, poussé du sommet de mon château.

     

    Les garçons, ils sont tous pareils. Des menteurs. Des lâches. Je vais, de ce pas, me suicider. Je n'ai plus aucune raison de rester vivante.

     

    J'ai voulu écrire ces dernières lignes, dans mon journal intime. Parce que... parce que. Parfois, il n'y a tout simplement pas de raison.

     

    Éden H.

     

     

     


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  •  I

     

    Je m'en rappelle, encore, de lui. Ses cheveux en bataille. Ses yeux brillants. Son sourire éclatant. Je m'en rappelle de tout. La manière dont il me parlait. Son petit accent anglais. Sa façon de plonger son regard dans le mien, comme s'il n'y avait que lui et moi. Ça aussi, je m'en rappelle.

     

    La première fois, qu'on s'était rencontré, il pleuvait des cordes. Une minute, il y avait le soleil et à la minute suivante, toute la ville de Londres était inondée. J'étais perdue. Tout le monde se bousculait, et essayait de rentrer chez eux, le plus vite possible. Et il y avait moi, qui ne savais rien. Si les organisateurs avaient annulé la visite au Birmingham Palace, si les autres étaient rentrés à l’hôtel. De plus, j'avais oublié mon téléphone, dans ma chambre.

     

    « C'est ce qui arrive, quand on a la tête dans la lune. »

     

    Je pensais, un peu trop, au garçon que j'avais vu avec M. Cooper. Il était probablement son fils, vu combien ils se ressemblaient. Les mêmes yeux verts, le même style de marcher.

     

    De toute façon, il était beaucoup trop beau pour quelqu'un comme moi. Avec mes cheveux frisés et mes lunettes que je devais rajuster toutes les deux minutes, je n'étais qu'une des personnes les plus simples du monde entier. On pouvait difficilement faire attention à moi, et à peine m'accorder un regard.

     

    Quoi qu'il arrive, ce n'était pas lui qui allait m'aider à me retrouver dans cette ville géante, maintenant, et il fallait que je fasse quelque chose. L'endroit où le car m'attendait, était à 20 minutes de marche et je ne pouvais pas non plus prendre un bus qui venait toutes les 30 minutes. J'avais quelques pièces dans ma poche et j'aperçus un cabinet téléphonique, au loin. Je me précipitai.

     

    Tant bien que mal, j'entrais dedans et m'empressais de composer le numéro de mon professeur. Je tombais sur la messagerie : il ne manquait plus que ça ! Je ressayais, sans succès. Quand, soudain, la porte s'ouvrit à toute volée et quelqu'un pénétra à l'intérieur. Dégoulinant de pluie, la personne en question murmura tout bas, haletant :

     

    - « Je peux me cacher, ici ? S'il te plaît … Le temps qu'ils partent.

     

    Je regardais dehors, et en effet, des officiers en uniforme avaient l'air de chercher quelque chose. D'instinct, je me mis devant lui, essayant de le cacher alors qu'il s'était assis par terre. Il avait enroulé ses bras autour de sa tête, qu'il avait enfouie entre ses jambes.

     

    - T'as volé quelque chose ?, demandai-je, curieuse.

    - Hein ? Ah … non. C'est juste qu'ils ont un problème avec moi., répondit le garçon, en se relevant.

     

    Il avait une vraie allure de sauvage. Ses cheveux blonds partaient n'importe où, ses yeux gris étaient pleins de violence et de … tristesse. Comme s'ils cherchaient quelque chose, quelqu'un. Comme s'ils n'étaient pas en paix. Comme s'ils ne s'étaient pas fermés depuis des jours. Tellement captivants et repoussants, à la fois.

     

    - Pourquoi ?

    - Tu dois bien avoir une idée, non ? C'est évident, pourtant. »

     

    Sur ce, il partit.

     

    C'était notre première rencontre. Je ne connaissais ni son prénom, ni autre chose. C'était un parfait inconnu. Toutefois, il venait de marquer ma vie et me faire sourire dans cette tempête qui se formait dehors.

     

     


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