• Last letter before leaving, I.

     I

     

    Je m'en rappelle, encore, de lui. Ses cheveux en bataille. Ses yeux brillants. Son sourire éclatant. Je m'en rappelle de tout. La manière dont il me parlait. Son petit accent anglais. Sa façon de plonger son regard dans le mien, comme s'il n'y avait que lui et moi. Ça aussi, je m'en rappelle.

     

    La première fois, qu'on s'était rencontré, il pleuvait des cordes. Une minute, il y avait le soleil et à la minute suivante, toute la ville de Londres était inondée. J'étais perdue. Tout le monde se bousculait, et essayait de rentrer chez eux, le plus vite possible. Et il y avait moi, qui ne savais rien. Si les organisateurs avaient annulé la visite au Birmingham Palace, si les autres étaient rentrés à l’hôtel. De plus, j'avais oublié mon téléphone, dans ma chambre.

     

    « C'est ce qui arrive, quand on a la tête dans la lune. »

     

    Je pensais, un peu trop, au garçon que j'avais vu avec M. Cooper. Il était probablement son fils, vu combien ils se ressemblaient. Les mêmes yeux verts, le même style de marcher.

     

    De toute façon, il était beaucoup trop beau pour quelqu'un comme moi. Avec mes cheveux frisés et mes lunettes que je devais rajuster toutes les deux minutes, je n'étais qu'une des personnes les plus simples du monde entier. On pouvait difficilement faire attention à moi, et à peine m'accorder un regard.

     

    Quoi qu'il arrive, ce n'était pas lui qui allait m'aider à me retrouver dans cette ville géante, maintenant, et il fallait que je fasse quelque chose. L'endroit où le car m'attendait, était à 20 minutes de marche et je ne pouvais pas non plus prendre un bus qui venait toutes les 30 minutes. J'avais quelques pièces dans ma poche et j'aperçus un cabinet téléphonique, au loin. Je me précipitai.

     

    Tant bien que mal, j'entrais dedans et m'empressais de composer le numéro de mon professeur. Je tombais sur la messagerie : il ne manquait plus que ça ! Je ressayais, sans succès. Quand, soudain, la porte s'ouvrit à toute volée et quelqu'un pénétra à l'intérieur. Dégoulinant de pluie, la personne en question murmura tout bas, haletant :

     

    - « Je peux me cacher, ici ? S'il te plaît … Le temps qu'ils partent.

     

    Je regardais dehors, et en effet, des officiers en uniforme avaient l'air de chercher quelque chose. D'instinct, je me mis devant lui, essayant de le cacher alors qu'il s'était assis par terre. Il avait enroulé ses bras autour de sa tête, qu'il avait enfouie entre ses jambes.

     

    - T'as volé quelque chose ?, demandai-je, curieuse.

    - Hein ? Ah … non. C'est juste qu'ils ont un problème avec moi., répondit le garçon, en se relevant.

     

    Il avait une vraie allure de sauvage. Ses cheveux blonds partaient n'importe où, ses yeux gris étaient pleins de violence et de … tristesse. Comme s'ils cherchaient quelque chose, quelqu'un. Comme s'ils n'étaient pas en paix. Comme s'ils ne s'étaient pas fermés depuis des jours. Tellement captivants et repoussants, à la fois.

     

    - Pourquoi ?

    - Tu dois bien avoir une idée, non ? C'est évident, pourtant. »

     

    Sur ce, il partit.

     

    C'était notre première rencontre. Je ne connaissais ni son prénom, ni autre chose. C'était un parfait inconnu. Toutefois, il venait de marquer ma vie et me faire sourire dans cette tempête qui se formait dehors.

     

     


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